Les mécanismes de l'accrétion aux dorsales océaniques à taux d'accrétion ultra-lent

La dorsale sud ouest indienne est le chantier principal de ce volet thématique. Nous avons mis en évidence un changement de taux d'accrétion, de lent (30 km/Ma) à ultra-lent (15 km/Ma), qui n'est pas relié à une réduction importante de l'épaisseur crustale contrairement à ce qui est communément admis (Patriat et al. 2008; Sauter et al. 2011).

L'accrétion y est contrôlée, à l'échelle régionale, par la température du manteau et son extrémité orientale correspond à un pôle froid, pauvre en magma (Cannat et al. 2008; Sauter et al. 2009).

Nous avons révélé la présence de sections de dorsale de plus de 100 km de long sans activité volcanique; ceci diffère fondamentalement de la vision "classique" des dorsales considérées comme un système essentiellement volcanique (Sauter & Cannat 2010).

Un modèle de mise en place de ce nouveau type de plancher océanique constitué de manteau exhumé, ainsi que des mécanismes associés de focalisation et distribution de magma ont été proposés (Cannat et al. 2009).

Enfin, le rôle des gabbros et/ou des péridotites serpentinisées en sources potentielles des anomalies magnétiques dans les domaines de manteau exhumé a été discuté (Sauter et al. 2008).

Vue 3D du plancher océanique dit « smooth seafloor » qui présente une morphologie très particulière, spécifique des zones pauvres en magma et inconnue sur les dorsales plus rapides. Il ne montre, à la résolution des données bathymétriques de surface, ni édifices volcaniques ni escarpements, ni autres caractéristiques morphologiques qu’une structuration générale en massifs allongés dont la texture est lisse. Des roches mantellaires y sont exhumées par un mécanisme encore très mal compris. Cette découverte va à l’encontre de la vision traditionnelle de toutes les dorsales océaniques comme un système essentiellement volcanique (dorsale sud ouest indienne vers 62°E.