Collections de paléontologie

La paléontologie – du grec palaios « ancien », ontos « l’être » – est la science qui retrace l’histoire de la Vie à travers l’étude des fossiles. Même si les restes d’animaux trouvés dans le sol depuis l’Antiquité témoignaient de créatures ayant existé bien avant l’homme, la religion défendant de croire à une époque antérieure à la Création, ce n’est qu’au XVIIIe siècle que de réelles études commencèrent.

Associée à la géologie et à la minéralogie, la collection de paléontologie s’est nourrie de spécimens rapportés par les géologues parcourant le monde pendant près de deux siècles. A Strasbourg, sous la direction de Wihelm-Philippe Schimper (1808-1880), furent dispensés en 1842 les premiers cours libres de paléontologie. Adhérant à la thèse évolutionniste de son contemporain Charles Darwin (1809-1882), il suggère en 1869 dans l’introduction de son Traité de Paléontologie Végétale de rechercher l’origine des êtres vivants et avance l’idée de leur répartition sur un arbre généalogique : « Le règne organique de l’époque actuelle peut se comparer à la cime d’un arbre richement ramifié, dont la plupart des branches qui relient la couronne au tronc, ainsi que le tronc lui-même, se sont enfoncés dans les profondeurs du sol et ont disparu depuis des milliers d’années. En retrouver les débris, les reconnaître, les classer, les coordonner, voilà l’œuvre du paléontologiste : un jour l’arbre entier, le végétal gigantesque sera au complet ; alors l’harmonie de l’ensemble et des détails ne laissera plus aucun doute. »

Les collections de paléontologie sont conservées dans deux salles du Fort Foch et gérées par l'EOST et le Jardin des Sciences de l'Université de Strasbourg. Fermées au public, ces collections sont mises à disposition des chercheurs. Une infime partie est présentée dans 17 vitrines en sous-sol du bâtiment de l'EOST situé au 1 rue Blessig à Strasbourg. Pour toute information à ce sujet, contactez-nous.

Wilhelm-Philipp Schimper (1808-1880)

Botaniste et paléontologue allemand, animateur de la Société d’Histoire Naturelle, conservateur du Muséum de Strasbourg en 1867, il occupe durant 17 ans la chaire nommée « de Géologie et Minéralogie et de Botanique » pour l’adapter aux deux disciplines qu’il enseigne. Il conservera son poste après l’annexion allemande jusqu’en 1879. Il a adhéré très tôt aux idées sur l’origine des espèces de Darwin, en condamnant dans son Traité de Paléontologie végétale les « créations successives » défendues par Cuvier (1769-1832). Ce traité compte 2600 pages accompagné d’un atlas de 110 planches. En botanique, outre ses recherches de grande renommée, il aura, sur un plan muséographique, créé le Comptoir d’Echanges Botaniques au rayonnement européen et confectionné des herbiers aujourd’hui considérés comme de véritables trésors.