Sciences citoyennes : un sismomètre dans votre salon ?

14 novembre 2018

L'EOST, le LISEC et le SAGE lancent un projet pluridisciplinaire de sismologie citoyenne baptisé SismoCitoyen. Il est destiné à construire un véritable réseau de sites d’observation en milieu urbain et péri-urbain, chez des particuliers volontaires qui participeront également à une enquête menée par des sociologues.

Ne demandant aucune compétence technique, les équipements hébergés permettent de densifier le maillage des sites d’observation institutionnels permanents et, ainsi, d’améliorer la détection et la caractérisation de la sismicité, ainsi que la caractérisation du risque sismique associé.  Ils visent également à améliorer l’imagerie sismologique du sous-sol, en particulier par des méthodes passives basées sur l’analyse du bruit sismique.

Le modèle de sismomètre utilisé permet à celui qui l’héberge (ou ses proches) de consulter en ligne et en temps réel les données enregistrées. C'est là qu'intervient le volet « sciences sociales » du projet, qui vise à observer et analyser les effets d’un engagement citoyen dans la recherche scientifique (via l’hébergement d’un sismomètre) sur la perception et les représentations de la sismologie et des phénomènes de micro-sismicité. Ce sont le LISEC et le SAGE qui conduiront cette étude via deux entretiens, l’un lors de l’installation du sismomètre, l’autre six à huit mois plus tard.

Le BCSF-RENASS s’était déjà équipé de quelques instruments fin 2017 et les avait placés dans des habitations de l’Eurométropole de Strasbourg ou co-localisés avec une station sismologique permanente. Ces stations ont été intégrées dans le système d’acquisition et d’analyse de la sismicité du BCSF-RENASS et les tests avaient confirmé la simplicité d’utilisation, la fiabilité du matériel et son utilité pour la détection et la localisation de la micro-sismicité. Le projet a été présenté les 18 et 19 octobre lors du colloque CNRS « Tous mesureurs, tous mesurés – la science au cœur de la société » au CNRS à Paris. Un capteur a été remis à Antoine Petit, Président du CNRS.

La première phase opérationnelle du projet vient de démarrer avec le déploiement de 25 stations dans la région de Mulhouse (Haut-Rhin) dans les semaines à venir.

Le projet SismoCitoyen implique le BCSF-RENASS, service national d’observation porté par l'EOST, ainsi que l'IPGS, le LISEC et le SAGE. Il est soutenu financièrement par le CNRS, l’Université de Strasbourg et le LabEx G-Eau-Thermie profonde.

Contacts : Antoine Schlupp (EOST) et Philippe Chavot (LISEC).

LISEC (Laboratoire Interuniversitaire des sciences de l’éducation et de la communication, EA2310)
SAGE (Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe, UMR736


Tests des capteurs du projet SismoCitoyen sur la plateforme instrumentale sismologique de l'EOST

Tests des capteurs sur la plateforme instrumentale sismologique de l'EOST - Crédits : A. Schlupp