Première observation de séismes lents potentiellement récurrents au Chili

17 décembre 2018

En analysant plus de 15 ans de données GPS, des chercheurs de l'IPGS et du Laboratoire de Géologie de l’Ecole normale supérieure ont découvert le premier séisme lent profond et potentiellement récurrent le long de l’interface de subduction Chilienne. Ces observations viennent d’être publiées dans la revue Geophysical Research Letters.

Contrairement aux séismes classiques qui se produisent brusquement et génèrent des ondes sismiques, les séismes lents peuvent durer de plusieurs jours à plusieurs mois, sans générer d’ondes sismiques mais en produisant des déplacements significatifs mesurables par GPS. Ils peuvent atteindre des magnitudes importantes (supérieures à 7) et se déclenchent assez régulièrement (typiquement tous les 3 à 4 ans). Les mécanismes physiques contrôlant ces glissements lents restent assez mal compris. Il apparaît donc critique de mieux comprendre leur influence sur le comportement des failles et leur impact en termes de risque sismique. En particulier, on aimerait savoir dans quelle mesure les séismes lents sont capables de déclencher un séisme majeur dans la région où ils se produisent.

Une équipe de chercheurs de l’Ecole Normale Supérieure de Paris (ENS, en collaboration avec l’Institut de Physique du Globe de Paris et l’Université du Chili) a déployé un réseau de 70 marqueurs GPS qui sont mesurés annuellement depuis 2010. L’analyse de ces données a mis en évidence un déplacement centimétrique cohérent entre 2014 et 2016 dans la région d’Atacama, confirmé par les stations GPS permanentes installées dans la région. En réalisant différents calculs, les chercheurs de l’Université de Strasbourg et de l’ENS ont pu montrer que les observations peuvent être expliquées par un séisme lent profond d’une magnitude équivalente à 6.9 sur une durée supérieure à 1 an. L’analyse d’une station GPS permanente installée depuis 2002 indique que des évènements similaires semblent s’être produits en 2005 et en 2009, ce qui pourrait correspondre à une récurrence de 4 à 5 ans. Afin de vérifier cette récurrence et mieux caractériser ces séismes lents, les chercheurs espèrent pouvoir continuer à densifier les réseaux d’observation dans la région d’Atacama d’ici à 2020.

Pour en savoir plus, consultez l'article sur le site web du CNRS-INSU

Contact à l'EOST : Zacharie Duputel, IPGS - zacharie.duputel@unistra.fr - 03 68 85 00 39