L'euphorie de supporters de rugby enregistrée par des stations sismologiques

13 juin 2017

Le 7 juin dernier, Jérôme Vergne postait sur Twitter un message indiquant que la victoire de l'équipe de Clermont-Ferrand en finale du Top 14 de rugby avait généré plusieurs pics d'activité sismique qui correspondent aux mouvements de la foule aux moments clés du match et notamment lors du coup de sifflet final.

Ce tweet a été largement relayé et les médias se sont emparés de cette information, transformant ces faibles secousses sismiques en un petit tsunami médiatique, envahissant le standard de l'EOST et la ligne de Jérôme Vergne. Souhaitons que ce petit épisode contribue à faire connaître nos services et à inciter la population à témoigner sur le site www.franceseisme.fr en cas de véritable tremblement de terre.

Jérôme Vergne explique ce qu'il en est réellement :

"L'EOST, avec le soutien de différents laboratoires et organismes de recherche, opère un réseau sismologique permanent (dans le cadre de l'infrastructure de recherche RESIF - www.resif.fr) en France métropolitaine. Le site central du RéNaSS analyse quotidiennement ces données pour suivre l'activité sismique de notre territoire. Généralement nous évitons d'installer nos stations à proximité des centres urbains pour limiter le "bruit sismique" généré par l'activité humaine et ainsi améliorer nos capacités de détection. La station située à Clermont Ferrand est une exception à la règle car il s'agit d'une station historique (début du siècle) installée sur le campus des Cézeaux en plein coeur de la ville. C'est la raison pour laquelle nous avons pu percevoir les faibles mouvements du sol générés par cette "euphorie" lors de la finale du Top 14. Une observation similaire avait déjà été effectuée par Jérôme Vergne et Jean-Michel Douchain (Observatoire de Physique du Globe de Clermont-Ferrand) lors de la dernière finale gagné par l'ASM en 2010. Depuis, des signatures sismiques similaires ont été rapportées pour quelques autres manifestations sportives ailleurs dans le monde.

Même si, avouons le, l'impact scientifique de ces observations est relativement limité, j'envisage malgré tout de proposer l'an prochain un sujet de stage sur ces aspects à l'un de nos jeunes étudiants pour analyser ces signaux particuliers."