Drones au service de l'archéologie : un jeune géophysicien lauréat de l'appel à projet de la Région Grand Est

28 février 2018

Bruno Gavazzi - Crédits : Michaela RuhnkeBruno Gavazzi, chercheur à l'IPGS, est lauréat de l'appel à projets de la Région Grand Est "Jeunes chercheurs - chercheurs de très haut niveau" pour son projet de "Développement de méthodes de mesure, traitement et interprétation magnétiques pour l’archéologie et l’imagerie de la proche-surface à l’aide de drones. (Magnétisme et Archéologie en Drones)".

Le projet part initialement d’un constat simple : les sources archéologiques consistent très souvent en des structures partiellement ou complètement enfouies. Des méthodes magnétiques d’imagerie et d’étude du sous-sol, non destructrices, sont de plus en plus utilisées pour localiser et caractériser des vestiges archéologiques et objets anthropiques invisibles en surface. Les résultats sont néanmoins pour la plupart du temps limités à la production de cartes à l’aide d’outils clef en main issus d’autres domaines (géotechnique, déminage, etc).

Le projet en cours vise à développer différents dispositifs au sol et en drone, ainsi que des méthodes de traitement et d’interprétation spécifiques permettant l'exploration rapide, précise et adapté de la sub-surface. Bruno Gavazzi se propose, en particulier, d’adapter la mesure en drone à l’échelle archéologique : vols à 1 m du sol, procédés et équations d’étalonnage et de traitements spécifiques.

Les résultats du projet permettront la mise en place plus systématique et plus adaptée de prospections magnétiques pour la recherche d’objets et structures anthropiques, le tout afin d’améliorer la rapidité et la qualité des études et diagnostics en archéologie programmée et préventive, mais aussi de réduire leur impact destructif en minimisant le risque de fouille négative. Ces découvertes pourront être également utilisées dans des contextes plus larges (dépollution pyrotechnique, identification de réseaux, géothermie, géotechnique). Par la suite, des retombées sont attendues dans les domaines de la géophysique utilisant classiquement des levés aériens (géologie structurale, exploration minière, exploration géothermique). Ces innovations auront un impact économique direct sur les acteurs régionaux de l’archéologie préventive et ouvriront de nouveaux marchés aux sociétés d’inspection en drone et au sol. Enfin, le projet participe à faire de Strasbourg un des pôles mondiaux de la géophysique appliquée à l’archéologie.

Bruno Gavazzi est actuellement chercheur contractuel (post-doctorant) à l'IPGS. Il travaille avec Marc Munschy, physicien des observatoires et membre de l'équipe "Géologie, océans, lithosphère, sédiments" de l'IPGS et Frédéric Colin, professeur et membre du laboratoire Archimède (UMR 7044), qui furent les co-directeurs de la thèse qu'il a soutenue en 2015.

Le projet se base sur les développements précédents des deux laboratoires partenaires : la mise au point d’un système de mesure magnétique embarqué en drone pour l’étude géologique ; l’utilisation de capteurs magnétiques pour la prospection archéologique et la recherche d’objets anthropiques ; le développement de méthodes d’interprétation adaptées depuis les géosciences. Il résulte également de collaborations avec des entreprises privées comme Terrametris (Strasbourg) et Cardem (Bischheim).

Le prix consiste en une subvention de 20 000 €. Elle permettra de financer une partie du contrat de Bruno Gavazzi pendant un an à compter de mars 2018.

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